Les adolescents - 1ere Partie

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Les adolescents - 1ere Partie

Message par Kitty le Sam 17 Mai - 10:14

Voilà un article que j'ai trouvé sur le net, qui parle des différentes perceptions des adolescents vis-à-vis de leur monde quotidien ....
A lire si intérressé(e)....

1ere partie...

Spoiler:
Adolescent et famille, quelles rencontres ?

On m’ a demandé de vous parler du processus de l’adolescence, pour mieux comprendre pourquoi parfois ça dérape, pourquoi parfois c’est si difficile, tant pour les adolescents que pour leurs parents, et comment on peut trouver des repères pour mieux accompagner, et comment trouver des espaces de rencontre.

Mon expérience : c’est d’abord celle d’un professionnel, psychiatre psychanalyste. J’ai reçu des parents et des enfants pendant 35 ans. J’ai également travaillé dans un institut de rééducation recevant des adolescentes en très grande difficulté. Par ailleurs, mes activités à l’Ecole des Parents et des Educateurs du Gard, et ainsi que dans d’autres engagements m’ont amenée à avoir de nombreuses occasions de dialogue avec des adolescents, et des parents..
Je ne crois pas avoir des choses extraordinaires à dire, mais parfois un peu de bon sens aide beaucoup ! Il y a des choses logiques, si l’on a un peu compris ce qui se joue !

Personnellement, au début de mon travail, j’ai sévèrement jugé les parents d’adolescents, pensant que s’ils étaient un peu plus à l’écoute, tout irait bien. Puis, lorsque mes enfants sont devenus adolescents, j’ai expérimenté les choses de l’intérieur, et je me suis rendue compte à quel point cette période met le parent, même le plus attentif, dans des questionnements difficiles : on ne sait jamais si l’on fait bien ou pas, si on laisse trop de liberté ou pas assez. Autant avec les enfants petits, on sait à peu près, autant avec les adolescents c’est difficile d’être sûr que l’on fait au mieux. En effet, l’adolescence est un entre-deux, fait de paradoxes, de contradictions, d’envies opposées, qui tiraille autant l’adolescent que ses parents.

Pour l’adolescent : tout est attirant et inquiétant
Grandir, découvrir l’amour, la sexualité, faire des expériences nouvelles, se sentir libre. C’est l’âge des choix amoureux, professionnels, des copains…
On a envie d’être libre, de ne rendre de comptes à personne, et en même temps, on est encore dépendant des parents, on habite encore chez eux, on a encore besoin d’eux, même si on ne l’avouera jamais.
Une des questions posée dans les urnes était : est-ce normal d’être stressé, énervé constamment à l’adolescence. Médicalement parlant est stress toute situation qui nécessite physiquement ou psychiquement un processus d’adaptation. L’adolescence est par nature une situation de stress.

Pour les adultes, il y a la même ambivalence : le plaisir de voir grandir existe, mais aussi la peur pour l’adolescent : qu’il fasse de mauvais choix, de mauvaises rencontres, qu’il se mette en danger… Les parents peuvent aussi personnellement redouter le départ de leur adolescent, comme une étape de vie qui se termine pour eux. Parfois le couple est mis en difficulté par le départ des enfants. Et monter d’une génération dans la pyramide des âges n’est pas forcément facile !
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Kitty
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2 ème partie

Message par Kitty le Sam 17 Mai - 10:16

Spoiler:
Je vais d’abord parler du processus chez l’adolescent, puis j’aborderai les choses côté parents.

• En premier lieu le phénomène de la puberté.

Le corps de l’adolescent s’est transformé, les caractères sexuels secondaires se sont développés : les poils sont apparus, les seins, le sexe ont pris leur taille adulte. Chez les filles, les règles se sont installées d’une façon régulière, chez le garçon les éjaculations nocturnes ou volontaires, et le corps fait sentir ses tensions de désir. De plus les hormones sécrétées font que maintenant l’adolescent est capable physiquement d’avoir une sexualité « en vrai », et de procréer, de faire un enfant.
Le corps, à l’adolescence, est à la fois exhibé et caché, mis en relief de façon provoquante, et caché sous de grands pulls… selon les moments.

Il faut savoir que cette transformation du corps, l’adolescent ou l’adolescente ne la choîsissent pas. Elle s’impose à eux. Ce corps qui change devient extrêmement présent pour l’adolescent. Parfois ces changements sont très attendus et accueillis avec joie, parfois ils sont subis, parfois refusés : c’est une des racines de l’anorexie à l’adolescence. Ils sont parfois vécus avec beaucoup d’ambivalence, ou avec beaucoup de trouble et de questions. Est-ce que je suis normal, est-ce que les autres sentent ça aussi…

Les jeunes d’aujourd’hui sont beaucoup plus informés, ils parlent apparemment beaucoup de sexualité, mais les choses très intimes, il n’est pas sûr qu’on les partage si facilement que ça.
Ce corps sexué, on a envie de le découvrir tout autant qu’on a peur de le faire.

Est-ce que je vais pouvoir ? Est-ce que ça fait mal ? Est-ce que l’autre va savoir ? Est-ce que je vais plaire ? Avoir du plaisir ? Est-ce que je veux, ou pas encore ? Mais si je dis non, est-ce que je vais perdre mon copain (ceci surtout pour les filles)

Là, je m’adresserai aux jeunes ici présents : ne faites pas des choses qui n’ont pas de sens pour vous. Je me souviens d’une boite à question, dans un établissement : la question qui est revenue avec insistance était : à quoi ce peut bien servir à une femme de faire l’amour. Or, la presque totalité de ces jeunes filles avaient une sexualité depuis pas mal de temps. C’est dommage. Pour elles, c’était surtout un moyen, bien illusoire, de ne pas être abandonnées.

A cela s’ajoutent les questions de contraception et de protection contre les maladies sexuellement transmissibles.

S’ajoutent aussi des questions sur l’identité sexuée : si je ne suis pas attiré par le sexe opposé, suis-je homosexuel(le) ? Je vais en reparler tout à l’heure, à propos de la vie relationnelle. Mais je peux déjà dire que l’identité sexuée se construit progressivement, et qu’il ne faut pas figer les choses. C’est parfois simplement que c’est trop tôt, que ça fait trop peur, qu’on n’est pas encore au moment où cela a pris sens.
S’ajoutent des préoccupations démesurées sur l’apparence physique : on se sent trop gros, trop maigre, le sexe trop grand ou trop petit, ou la poitrine pendante, trop menue ou trop abondante…, et ce bouton au milieu de la figure, on ne voit plus que ça !... Avec le sentiment intime d’être devenu difforme.

Alors vous comprenez que tout ça, ça occupe la tête. Et quand on a la tête trop occupée, la scolarité peut en pâtir, les relations aussi, en particulier avec les proches. En effet, un des moyens de défense contre la tension interne est d’en projeter une partie à l’extérieur, de la transformer en agressivité.

• La construction identitaire est marquée des mêmes contradictions :

Etre soi, ce n’est pas si facile.
L’adolescent est grand et petit à la fois.
Il a envie d’être grand, mais aussi une nostalgie, une envie inavouable d’être encore petit.
Je me souviens d’un épisode qui m’avait beaucoup frappée : lors d’une fête, une des ados, une des plus revendiquantes concernant son statut de grande, s’était déguisée en nourrisson, et s’était refait langer avec délice plusieurs fois dans la soirée !

On revendique d’être grand, et on se défend de tout ce qui pourrait s’associer à la période de l’enfance : c’est primordial d’être laissé au coin de la rue, et surtout pas devant le collège, de surtout ne pas embrasser publiquement ses parents pour leur dire au revoir : sinon, c’est la honte !!
Il faut, pour trouver son identité, se démarquer de ce qui a été le plus important avant. Et plus cela a été important, plus il faut s’en différencier. « Je suis pas toi, je suis moi ». Ma fille aînée ne m’a plus embrassée durant 3 ans. Plus tard, elle m’a dit : « tu comprends, j’étais obligée, tu étais trop importante pour moi ».

Le groupe des copains a une grande importance, aide dans ce processus : on peut pas franchir cette étape sans aide. On a besoin de s’appuyer sur d’autres, distincts des parents. Se sentir comme les copains, c’est réconfortant, appartenir à un groupe redonne de la valeur. Il n’est pas si facile d’être soi, et seul responsable de soi. Avec les copains, on est soutenu, mais on n’a pas peur d’être ramené à l’enfance, contrairement à ce qui se joue avec les parents.
La présence d’autres adultes proches est très aidante aussi. Des adultes avec qui on n’a pas de comptes à régler, à qui on peut s’identifier sans crainte.

L’adolescent a un narcissisme, c'est-à-dire un amour de soi, une image de soi fragile, facilement dévaluée. Un regard qui rassure est très important. Etre avec d’autres qui vous acceptent est rassurant.
Mais dans le groupe, on est quand même tiraillé : on est partagé entre un besoin de conformité : être comme les autres, faire partie du groupe, et être soi, découvrir son propre désir, sa propre voie. Ce n’est pas si facile.

Toujours cette problématique : Se confondre ou se séparer.
Marquage, pearcing ne peuvent-ils pas être entendus à la fois comme un signe d’appartenance au groupe, et à la fois comme une tentative de maîtrise de ce corps qui échappe ?

L’opposition : dire non, est avant tout un moyen de dire « je suis moi, et j’ai une volonté personnelle, je suis une personne à part entière ». Mais le « non » systématique est loin d’être encore la vraie autonomie de pensée, car celui à qui l’on dit « non » en est encore la référence principale. On sera libre quand on pourra dire et oui, et non.

Etre soi, c’est aussi se sentir soi, dans son être d’homme ou de femme. Parfois, c’est un peu compliqué. Les adolescents ont souvent un ou une grande amie, à qui on raconte tout, dont on se sent très proche, compris. Est-ce là une tendance homosexuelle ? Non, c’est une étape, dans laquelle ce lien très privilégié soutient. Mais parfois le regard des autres vient compliquer, stigmtiser.

Il y a aussi des cas où existe une tendance homosexuelle plus profonde, même si à l’adolescence beaucoup de choses sont mouvantes. Il peut être bon d’avoir un dialogue avec un professionnel, lorsqu’on se pose ces questions, car il peut s’agir d’une peur de l’autre sexe, ou de traumatismes de l’enfance qui resurgissent à ce moment-là (inceste, attouchements, violences, viol…), ou s’il y a une tendance homosexuelle affirmée, un accompagnement du questionnement sera souvent très utile. En effet, un nombre non négligeable de jeunes font des tentatives de suicide, parce qu’ils sont trop seuls face à un ressenti dont ils ne savent pas quoi faire.

Etre soi, c’est aussi se situer clairement dans sa filiation, dans ses deux lignées. Toutes les questions d’adoption, de flou dans les origines se reposent avec acuité à l’adolescence, et peuvent être très préoccupantes pour l’adolescent, et entraîner un grand malaise, une rupture relationnelle si cela ne peut être parlé, mais aussi être utilisé dans la remise en cause des parents, ce qui peut être difficile pour eux.
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3 ème partie

Message par Kitty le Sam 17 Mai - 10:19

Spoiler:
A l’adolescence, les liens se modifient.

C’est normal, et positif.
L’adolescent affirme sa différence. De plus, la résurgence de conflits oedipiens, leur flambée, peut rendre nécessaire de mettre à distance le parent dont on pourrait être trop proche.

Plus petit, on s’est beaucoup identifié aux adultes, en particulier à celui de même sexe : on avait envie d’être comme eux. Pour pouvoir quitter, souvent est nécessaire une étape où on déprécie ceux qui ont été des modèles. On les trouve bêtes, moches… enfin toutes les qualités !!! Ce n’est pas très agréable à recevoir, mais il est aidant de comprendre pourquoi c’est ainsi. D’autres adultes sont investis, et il faut le voir comme positif, et non en rivalité.

Beaucoup d’adolescents se plaignent d’être incompris, mais en même temps la tentative de tout comprendre est vouée à l’échec. L’adolescent a besoin qu’on ne veuille pas à tout prix tout comprendre, car il a besoin qu’on respecte son espace intérieur.

L’adolescent a besoin et d’autorité qui rassure, et est preuve d’amour, et de liberté pour expérimenter la vie.

Il a besoin d’expérimenter le conflit, de mettre à l’épreuve le lien, pour en vérifier la solidité.
Ceux qui ne rencontrent que le vide se sentent abandonnés : « de toute façon, je peux faire ce que je veux, mes parents ils n’en ont rien à foutre ». Ces adolescents-là peuvent se mettre gravement en danger, en espérant inconsciemment que quelqu’un, enfin, réponde à leur provocation.

L’adolescent avance ainsi dans sa recherche, à travers des attitudes changeantes, apparemment paradoxales, des essais, erreurs, des avancées et des replis. Cf image du légo défait et reconstruit, de Ribstein.
Ils s’enferment souvent dans le silence, par peur de régresser, et aussi faute de mots pour le dire.

L’adolescent vit au présent, il faut le savoir. La projection réelle est difficile car trop de choses actuelles envahissent le terrain. Certaines attitudes à risques sont comme un déni de la mort, en même temps que la recherche de limites : mieux sentir son corps, à travers des expériences extrêmes. La vulnérabilité ressentie par l’adolescent peut être renversée en un agir contraire, d’agressivité ou de prise de risques, dans un fantasme d’invulnérabilité : il ne peut rien m’arriver à moi.

Une des questions posées portait sur la mort. La mort d’un copain de même âge, quelle qu’en soit la raison, a un effet de choc : une irruption du réel dans son caractère d’incontournable. C’est une réalité à accompagner lorsqu’elle se présente, pour qu’elle puisse être l’objet d’une parole, d’une élaboration. Il est important que les adolescents collectivement aient la possibilité, s’ils le désirent, d’aller à l’enterrement, qu’ils ne soient pas mis à l’écart de ce qui se déroule. C’est comme un au revoir qui peut être dit. J’ai vu des ados payer collectivement une inscription pour la tombe de quelqu’un qu’ils avaient aimé.

• Alors, et les parents, les adultes, comment peuvent-ils résister, pour eux même n’être pas trop mis à mal, et pour leur adolescent, pour être à la juste place ?

Tout ce que l’on pose, avant la tourmente de l’adolescence, donne des bases.
C’est avant qu’il faut parler avec clarté des questions concernant la filiation.
C’est avant qu’il faut avoir apporté des valeurs et des repères. Il est important que les adultes parlent à leurs enfants de ce qui a de la valeur pour eux.
Si on ne l’a pas fait, alors, c’est plus difficile, mais on peut le dire : j’aurais du te dire tout ça avant, mais je n’ai pas su, pas pu.
Si on n’arrive plus à poser des repères, des parapets de sécurité, il faut alors se donner des objectifs limités, atteignables. Il faut retrouver une parole qui dit vrai.

Les adolescents sont très sensibles au regard des autres, y compris de leurs parents. C’est comme un miroir rassurant . C’est le regard de l’autre qui vient dire à l’adolescent qu’il ou elle a changé, est devenu homme ou femme désirable, et qui a de la valeur. A cet égard, il est important que les adultes soient bien positionnés, ne se situent pas en rivalité. L’enfant devient un ado désirable, et construira sa vie ailleurs. Si on est bien positionné, alors, on projette l’adolescent dans un avenir extérieur à nous : tes copains doivent te trouver drôlement mignonne, ils vont tous te courir après ! Ca c’est soutenant, sans ambiguîté.

D’autre part, il y a quelques écueils à éviter :

Tout d’abord il est important que les parents prennent conscience de ce qui se joue pour l’adolescent, qu’ils ne croient pas que tout est contre eux, même si c’est comme ça que ça s’exprime, qu’ils ne croient pas que opposition signifie perte d’amour. Il n’en est rien.
Quand un ado vous dit que vous lui « prenez la tête », dites vous bien que ne prend la tête que ce qui est important.

Ce n’est pas parce qu’un ado râle qu’il n’a pas compris, et même qu’il n’est pas au fond d’accord, mais il ne faut surtout pas l’obliger à le dire, car sinon, il se ressent trop dépendant.
Souvent, dans des discussions avec des groupes ados, ils disent : « c’est normal que nos parents nous mettent des limites, mais c’est normal que nous aussi on en veuille plus. »
Lorqu’on leur dit : Et si vous étiez à leur place ? « On ferait sans doute pareil. »

Il y a toujours deux risques : trop en faire ou pas assez.
Je disais que l’ado a besoin autant d’autorité qui rassure que de liberté pour expérimenter la vie. Mais autorité n’est pas autoritarisme, loi tyrannique sans respect ni dialogue. Il est important d’expliquer, et d’écouter ce que l’adolescent peut avoir à dire.

Oser laisser des espaces où l’adolescent expérimentera ses capacités à se gérer lui-même. Temps de vacances, voyages, travail saisonnier qui amènent hors du cocon familial… sont de très bonnes occasions. Ca aère tout le monde, et ça fait faire l’expérience qu’on peut se séparer.

A l’adolescence, il est important que l’ado ait d’autres lieux que la famille et l’école. Ca n’empêche pas de travailler, au contraire, ça lui permet d’être moins sous tension, et donc plus disponible, quand il devra se concentrer. Et si ces activités sont associatives,culturelles, artistiques, sportives, dans un cadre laïque, ou religieux non sectaire, elles l’aideront à se construire, à échanger, réfléchir sur de multiples questions. Les ados sont idéalistes, et concernés par beaucoup de problèmes humains.
Il faut accepter que notre enfant prenne le risque de la vie, et même parfois accepter qu’il fasse des choses qui le font souffrir mais qui le feront grandir. Oser croire en la capacité de notre ado de trouver sa route.

Et s’il se met en danger vraiment (conduites à risques à répétition, prises de toxiques…) en parler, dire notre souci pour lui, et le faire aider, et se faire aider.
Que dire des tentatives de suicide ? Avant tout, que cela signifie que l’adolescent se sent en impasse, et ne croit pas qu’il peut en sortir. C’est l’envie de ne plus vivre ce qu’on vit. Plutôt la mort que de continuer à vivre ce qu’on vit, et par rapport à quoi on se sent seul. La tentative de suicide doit être entendue comme un cri de détresse, un appel à l’aide.

Mais, finalement, s’il est vrai que quelques ados sont en difficulté majeure, beaucoup, au-delà d’un temps tumultueux, ou parfois sans temps trop tumultueux, suivent leur route d’une façon très rassurante. Et au-delà, peuvent s’établir de nouveaux liens, tout autres, dont je peux vous assurer pour le vivre, qu’ils sont chaleureux et riches. Se séparer ne veut pas dire perdre tout lien, cela veut dire en découvrir d’autres.

Je voudrais terminer cet apport par quelques réflexions sur la rencontre.
Les parents sont des parapets de sécurité, qui protègent des trop grands dérapages, des poteaux indicateurs, qui signalent des choses sur la route (mais l’adolescent en tiendra compte ou non). Mais même s’il ne semble en tenir aucun compte, c’est important que ces panneaux soient posés, car après s’être quelque fois perdu, l’ado se souviendra….

Il est fondamental que la parole de l’adulte soit une parole fiable, sur laquelle on peut s’appuyer. Souvent j’entends des parents dire de leurs ados : on ne peut pas lui faire confiance, il ne fait pas ce qu’il dit. Mais les adultes, ont-ils une parole qui concorde avec leurs actes ? Les adolescents nous interrogent beaucoup sur nos incohérences, qu’ils ne vont pas manquer de nous renvoyer à la tête à la première occasion. Si elles sont vraies, alors je crois qu’il est très important de le reconnaître, non pas pour ne plus oser dire quelque chose à l’adolescent, mais pour essayer d’avoir une relation plus vraie, plus juste. Reconnaître ses failles ne dévalue pas l’adulte, au contraire.
Accompagner de loin. Etre à proximité, mis pas trop près, car sinon, c’est menaçant. Cf Ribstein le cocon.

Je voudrais insister sur toutes les situations d’entre-deux, qui sont majeurement importantes. Ces situations, où par exemple, à l’occasion d’un trajet en voiture, ou d’un petit café, ou d’un moment tranquille, on va échanger des choses insignifiantes, mais qui tissent les liens, ou très importantes. Je crois qu’en tant que parents, il n’est pas bon de se laisser tyranniser et d’être à disposition permanente, mais il faut aussi se dire qu’à travers des demandes concrètes, notre enfant est peut-être en train de demander tout autre chose.

Dans ce temps de l’entre-deux, il est important de parler avec les ados, non pas pour les obliger à nous parler d’eux, nous les mettrons en difficulté, mais en leur parlant à partir de nous-même.
Et aux ados, je dirais : ce qu’on pense nous appartient, on a le droit de le penser… mais on n’est pas obligé de dire tout ce que l’on pense de blessant… Il faut parfois un peu épargner les parents !
Accompagner de loin : les parents peuvent être ce port d’attache où l’on peut venir se mettre à l’abri, se ravitailler, affûter ses outils pour repartir plus fort à l’aventure de la vie.
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